LA CONTRIBUTION DES ÉTABLISSEMENTS D'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE  RECHERCHE DE L'ESPACE FRANCOPHONE  À  L'ÉLABORATION ET LA MISE EN OEUVRE DES POLITIQUES

DE SANTÉ PUBLIQUE

Dans le nouvel Agenda 2030 pour le développement durable, la communauté internationale a adopté 17 objectifs (ODD) qui placent, pour la majorité d’entre eux, la santé et ses déterminants au cœur de leurs préoccupations.

L’organisation mondiale de la santé (OMS) estime que pour atteindre cet objectif de développement durable, 18 millions d’agent-e-s de santé devront être formé-e-s d’ici 2030, en particulier dans les pays les plus pauvres. Les études montrent que les pays les plus touchés par les maladies disposent des services de santé les plus défaillants, constituant l’un des principaux obstacles à l’accès aux soins de première nécessité. L’OMS estime que le mauvais état des services de santé dans les pays en développement est principalement lié à une pénurie de compétences et un déséquilibre géographique des personnels de santé, notamment ceux de première ligne.

Il est donc fondamental de renforcer les systèmes de santé pour répondre à ces enjeux sanitaires. Les politiques nationales de santé publique se doivent d’être pour cela plus efficaces, mieux pilotées et lisibles.

Les établissements d’enseignement supérieur, comme acteurs du développement, peuvent y jouer un rôle déterminant, en particulier dans l’exercice de leurs nouvelles missions comme la formation continue et professionnalisante en santé, la recherche appliquée et participative pour le développement de stratégies sanitaires (soins de santé primaires), l’innovation numérique (télémédecine, E-santé, big-data), la médiation intersectorielle.

Dès lors, se pose la question de la contribution des établissements d’enseignement supérieur et de la recherche francophones à l’élaboration et la mise en œuvre des politiques de santé publique. Plus précisément, comment développer et renforcer des politiques de santé publiques innovantes, solidaires et responsables pour mieux répondre aux besoins en santé des populations sur l’ensemble des territoires ?

C’est en s’appuyant sur son réseau de près de 900 établissements universitaires et de recherche francophones dont un grand nombre de facultés de médecines, d’écoles en santé et de réseaux institutionnels en matière de santé, que l’AUF peut être force de propositions pour accompagner les acteurs et décideurs à répondre aux enjeux d’aujourd’hui et penser les systèmes de santé de demain.

Le périmètre d’exercice universitaire permet d’envisager une approche centrée sur des missions transversales prioritaires dans ce contexte :

  • Un investissement majeur dans le champ de la formation, d’une part, sur l’identification des domaines de compétences attendues avec leurs référentiels et les processus d’évaluation et, d’autre part, sur les procédures institutionnelles concernant la gouvernance et le numérique éducatif,

  • Une formation et une recherche adaptées aux besoins territoriaux répondant ainsi à l’approche de responsabilité sociale en santé, laquelle s’inscrit dans le continuum de la démarche qualité.

C’est bien le champ de tous les professionnels de la santé publique qui doit être considéré, en particulier ces personnels au rôle décisif dans de nombreux pays mais souvent ignorés que sont les personnels « de première ligne » et tous ces réseaux de compétence sans lesquels il ne saurait y avoir de politique publique de santé publique.

Ce colloque est un temps d’échanges pour mieux connaitre et questionner les pratiques, anticiper et répondre à l’évolution des enjeux interconnectés de santé et d’éducation. A l’issue des discussions, des orientations nouvelles seront formulées pour mettre en place des projets d’actions en partenariat avec tous les acteurs impliqués durant ces deux journées.

Contact : rachida.maouche@auf.org

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